
L’Association Burundaise pour le Bien-être Familial (ABUBEF) et ses partenaires du consortium Right Here Right Now 2 (RHRN2) ont procédé, jeudi 13 novembre 2025, à la clôture officielle d’un programme majeur qui aura marqué la promotion des droits sexuels et reproductifs au Burundi. Après cinq ans de mise en œuvre, le projet laisse derrière lui des résultats qualifiés de « plus qu’excellents » par les acteurs impliqués et des millions de jeunes durablement impactés.
Financé par le Gouvernement Néerlandais à travers Rutgers, RHRN2 a été exécuté au Burundi de 2021 à 2025, porté par un consortium de sept organisations de la société civile à savoir : l’Association Burundaise pour le Bien-être Familial (ABUBEF), l’Association des Jeunes Burundais pour le Développement Intégral (AJEBUDI), l’Association pour la Promotion de la Fille Burundaise (APFB), l’Association des Guides du Burundi (AGB), l’association NTURENGAHO, l’Association les Femmes Handicapées « LES VAILLANTES » (AFHLV), le Réseau National des Jeunes vivant avec le VIH (RNJ+).
Un programme déterminant pour la santé et droits sexuels et reproductifs des adolescents et jeunes
Selon Dr Donavine UWIMANA, Directrice Exécutive de l’ABUBEF, le programme a contribué à l’amélioration de l’environnement socio-politique en faveur de la réintégration scolaire des jeunes filles qui tombent enceinte en étant sur les bancs de l’école, grâce à un travail coordonné autour de quatre axes : Information et éducation, soutien public, Plaidoyer politique, Renforcement de la société civile.
Elle souligne notamment les avancées obtenues en matière de réintégration scolaire des adolescentes mères, fruits de dialogues continus avec les ministères ayant l’Éducation et la Santé dans leurs attributions.
Appel à la pérennisation : préserver les acquis pour les générations futures
La Présidente Nationale et Représentante Légale de l’ABUBEF, Mme Delphine MANIRATUNGA, a salué la vision du programme : « soutenir les jeunes de 10 à 24 ans, améliorer leur accès à l’information et renforcer la coordination entre les acteurs pour un impact durable ».
Elle a appelé les partenaires techniques et financiers à poursuivre l’œuvre engagée, afin de pérenniser les acquis d’un projet qui a transformé la vie de milliers de jeunes Burundais.
Signalons que RHRN2 a été actif dans cinq anciennes provinces : Bujumbura Mairie, Gitega, Kirundo, Rumonge et Kayanza, mais s’inscrit également dans une dynamique nationale et internationale couvrant dix pays.
Des résultats qui dépassent les attentes : l’impact en chiffres
Le Chargé du Suivi, Évaluation et apprentissages, Dr Faustin NSABE, a présenté des résultats quantitatifs qualifiés « d’exceptionnels », avec un taux de réalisation de plusieurs indicateurs dépassant 100 %.
Piste 1 : Information et éducation en SDSR
- 426 facilitateurs formés, dont une majorité de filles
- Plus de 12 880 jeunes sensibilisés hors ligne et 210 000 en ligne.
- 22,8 % des bénéficiaires étaient des jeunes vivant avec handicap ou marginalisés.
- Des espaces jeunes, clubs scolaires et plateformes numériques ont permis la production de contenus interactifs et l’expression libre des jeunes.
- Les contenus SDSR ont généré entre 1,3 million et 3,5 millions de vues par an.
- 4,3 millions de jeunes touchés via des émissions médiatiques.
- Traduction du module ESBEA en langage des signes et braille, garantissant l’inclusion.
Piste 2 : Soutien public
Une « masse critique » a été créée grâce aux campagnes communautaires et numériques, impliquant plus de 400 000 jeunes en ligne.
Piste 3 : Plaidoyer politique
- 18 dialogues avec décideurs et leaders d’opinion.
- 15 initiatives de plaidoyer, dont les campagnes OyaNiOya, NiDroitYanje, DutezurireKare, AyoMabi et Twaragwiriye.
- Un engagement formel des élus sur la réintégration scolaire.
- Révision du délai et allègement des procédures de réintégration des filles victimes de grossesses précoces.
- Une session de questions orales à l’Assemblée nationale sur cette problématique.
Piste 4 : Renforcement de la société civile
Les organisations partenaires ont été renforcées en :
- Approche Transformatrice du Genre,
- Participation des jeunes à la gouvernance,
- Prévention contre l’exploitation et les abus sexuels,
- Techniques de plaidoyer,
- Création de mouvements et alliances.
Ce travail collectif a permis de réduire les grossesses non désirées et d’ouvrir un dialogue intergénérationnel durable.
Des témoignages forts : un changement réel dans la vie des jeunes
Le Coordinateur National, Jean Bosco HABARUGIRA, a insisté sur l’importance des plateformes numériques qui ont permis aux jeunes « d’oser poser des questions, de briser les tabous, de demander conseil en toute confiance ».
Les témoignages recueillis montrent l’appropriation du contenu :
- jeunes demandant une orientation après un rapport non protégé,
- recours aux vidéos éducatives,
- jeunes filles partageant leurs expériences pour éclairer leurs pairs.
Pour Dr Faustin NSABE, les résultats quantitatifs illustrent « une évolution positive des comportements et l’émergence de jeunes ambassadeurs de la SDSR ».
La voix des bénéficiaires : un espoir retrouvé
Mlle Emelyne NSENGIYUMVA, bénéficiaire et facilitatrice du programme, a exprimé sa gratitude : « Grâce à ce programme, on a appris des choses auxquelles on ne pouvait même pas penser. Nous allons transmettre ces connaissances à d’autres jeunes ».
Lors de ces cérémonies, le consortium RHRN2 avait également invités des jeunes influenceurs et artistes engagés dans le cadre du programme qui ont contribué dans la défense des droits et dans le transfert des messages sur les SDSR, à savoir : le chanteur Lolilo avec la chanson avec la chanson TWIRINDE INDA ZITIFUJWE «https://youtu.be/v4bTav4k_W4?si=FqL1STSjNtxO9X5u» et Jeanne IRAKOZE avec plusieurs slams portant des messages SDSR positfs. A l’issue de programme, un mouvement des jeunes dénommé Jeunesse Active pour la santé sexuelle et reproductive (JASSR) représenté par Mlle Nora Queen KWIZERA, a été mise en place pour pérenniser les interventions menées par les jeunes ambassadeurs de la SDSR provenant des organisations membres du consortium RHRN2 Burundi.
Vive l’ABUBEF, vive la santé sexuelle et reproductive !
